Les Transports en Commun à Toulouse

Les Transports en Commun à Toulouse remportent en 2014, un an après avoir fêté leur 150 ans, les Eurostar Ashden Awards parmi plus de 100 candidats. SMTC-Tisséo, le Syndicat Mixte des Transports en Commun de la Grande Agglomération Toulousaine, a été récompensé pour la croissance du nombre de déplacements en transports en commun : +80% entre 2006 et 2013 ! Toulouse est ainsi passé de la 7e à la 4e place des villes françaises ! Comment la ville en est arrivé là ? Quels sont les chantiers des 20 prochaines années ? C’est ce qu’aborde cet article : la création des Transports en Commun à Toulouse et le futur des transports toulousains. Après cela, le tramway électrique de 1906 et le futur téléphérique reliant les deux rives de la Garonne n’auront plus de secret pour vous ! Vous êtes prêts ?

Retour sur l’histoire des Transports en Commun à Toulouse

Omnibus hippo-tracté de Toulouse
Omnibus à impériale de 1863,
Archives municipales de Toulouse

1863 : l’omnibus hippo-tracté

Toulouse compte à peine plus de 100 000 habitants lorsque le marquis de Patras de Campaigno, alors maire, inaugure place du Capitole le tout premier service de transport municipal : 9 omnibus tractés par des chevaux. Le succès est immédiat et quarante ans plus tard le service comporte 118 véhicules.

Chaque omnibus pouvait transporter une vingtaine de voyageurs… dont 10 sur le toit !

1906 : le tramway électrique

En 1906 apparaît le premier tramway électrique dans les rues de Toulouse. Trois ans plus tard, le réseau compte 14 lignes. Elles desservent des banlieues encore peu urbanisée comme Aucamville, Castanet, Colomiers ou Blagnac.

1957 : le bus puis la voiture

Après la seconde guerre mondiale commence le déclin des transports en commun à Toulouse. Le réseau de tram est abandonné en 1957 au profit du bus, qui sera totalement asphyxié par le « tout voiture » dans les années 70. Alors que le tram avaient façonné l’urbanisme de Toulouse, la ville s’étend désormais dans l’indifférence des transports en commun.

1993 : le métro

Après cinq années de travaux, la première ligne Sud-Ouest – Nord-Est, reliant Basso-Cambo à Jolimont est mise en service. Face à l’affluence, la ligne est prolongée, 20 ans plus tard, en 2003, afin de desservir Balma-Gramont. Le succès de la ligne A engendre la création de la ligne B, mise en service en 2007, reliant le Nord au Sud, Borderouge à Ramonville.

2007 : création de «VélôToulouse»

La ville met en place le service «VélôToulouse» afin de désengorger les rames du métro aux heures de pointe.

2010 : le retour du tramway

Plus d’un demi-siècle après avoir quitté Toulouse, le tramway revient dans l’agglomération avec 2 lignes :

  • la T1 reliant Beauzelle à l’arrêt Palais de Justice (2010)
  • la T2 reliant Palais de justice à l’aéroport (2015)

2014 : le prix Eurostar Ashden Awards

Lorsque SMTC-Tisséo reçoit le prix, 700 000 personnes utilisent, chaque jour, les services de Tisséo contre 500 000 en 2006. Cela représente 170 millions de voyages, pour seulement 89 millions en 2006 !

2015 : l’amorce d’un nouvel âge d’or des transports en commun à Toulouse

Le territoire toulousain a la plus forte croissance démographique de France (+ 16 000 habitants par an entre 2007 et 2012). L’Autorité Régulatrice des Mobilités de la Grande Agglomération Toulousaine estime qu’en 2025, 500 000 déplacements supplémentaires par jour seront réalisés.

En 2015, Tisséo-SMTC lance le  » Projet Mobilités 2020-2025-2030 « , une démarche visant à renforcer l’accessibilité de l’agglomération, maintenir l’attractivité des zones économiques et organiser les conditions de la mobilité dans la perspective d’une croissance soutenue.

Projet Mobilités : les chantiers des 20 prochaines années

Projets Mobilités : Les transports en commun à Toulouse

Les tarifs

Dès le 1er juillet 2017, les tarifs des transports en commun Tisséo évoluent. Ils seront désormais plus progressifs ! Par exemple, le tarif « Jeunes – 26 ans » sera divisé en trois catégories : le tarif de base à 15€/mois,  le tarif boursiers à 10€/mois et un tarif gratuit pour les boursiers échelon 7.

Les lignes de bus Linéo

Lancées en septembre 2016, les deux premières lignes de bus Linéo offrent une fréquence d’un bus toutes les 8 minutes en heure de pointe ainsi que des horaires élargis pour s’aligner sur les métros (5h15 à 00h30 en semaine). Elles traversent la ville rose.

La fréquentation des lignes Linéo, L1 entre Sept-Deniers et Gymnase de l’Hers et L2 entre Arènes et Colomiers, a fortement augmenté en 6 mois. Conséquence : SMTC-Tisséo a déjà prévu 3 nouveaux Linéo pour fin 2017 :

  • L6 : Ramonville > Castanet Tolosan
  • L7 : Cours Dillon > Saint-Orens Centre commercial
  • L8 : Marengo SNCF > Gonin

Les lignes L3 et L9 seront pour la rentrée 2018 et les lignes L4, L5, L10 pour fin 2019. Les noms des lignes ont été attribués dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, comme le montre le site mieuxbouger.fr.

Le doublement des rames de la ligne A

Face au problème régulier de saturation de la ligne A, SMTC-Tisséo prend le taureau par les cornes et décide de doubler la capacité du métro, en passant la longueur de rames de 26 à 52 mètres. Les travaux commenceront à l’été 2017 (fermeture de la ligne du 17 juillet au 20 août 2017) et finiront fin 2019. Courant 2020, le flux de piétons de la station Jean Jaurès, où se croisent les lignes A et B, sera amélioré, comme l’indique le dossier d’enquête publique.

L’arrivée de la 4G dans le métro

A l’automne 2017, le métro sera doté d’une couverture 2G/3G/4G. Elle permettra aux passagers de se distraire ou de s’organiser en cas de dysfonctionnement du métro.

Le Téléphérique Urbain Sud

Passer de la rive gauche à la rive droite en 10 minutes, ça vous fait rêver ? Eh bien, cela sera bientôt possible grâce au premier tronçon du projet « Téléphérique Urbain Sud« , Oncopole – Université Paul Sabatier, qui sera mis en service début 2020. A terme, le téléphérique pourrait même relier les quartiers Montaudran et Basso Combo.

Plus de places au Parkings-Relais

D’ici 2020, 2000 places dans les P+R seront créées afin d’encourager les Toulousains à utiliser les transports en commun et favoriser l’intermodalité. L’augmentation du nombre de places concernera les P+R de Borderouge (+300 places), Basso Combo (+450 places), Ramonville (+200 places), Oncopole (+500 places), les P+R Linéo (+550 places). L’extension des P+R s’accompagnera d’autres actions favorisant l’intermodalité tels que la création de zones aménagées pour les covoitureurs, de parc à vélo…

Installation de « points de rendez-vous » covoiturage

Depuis 2015, le territoire se maille de « points de rendez-vous » pour le covoiturage près des arrêts de transport en commun afin de favoriser l’intermodalité. Ce mode de déplacement complémentaire aux transports en commun à Toulouse permet de rejoindre les transports publics (covoiturage vers les P+R) ou une autre destination autrement qu’en voiture individuelle.

La troisième ligne de métro

D’ici l’été 2017, nous connaîtrons le tracé de la tant attendue troisième ligne de métro à Toulouse. Cette ligne parcourra un itinéraire de 28 km entre Colomiers et Labège, en passant par La Vache, Matabiau et Montaudran, desservant une vingtaine de stations. Sa mise en service définitive est prévue pour 2024. Si vous souhaitez en savoir plus, rendez-vous sur le site du débat public sur la 3ème ligne.

Concluons.

  • Toulouse a très tôt été un modèle en matière de transports en commun, notamment pendant l’âge d’or du tramway, avant que la voiture devienne la solution privilégiée des Toulousains, créant l’étalement urbain actuelle.
  • En 2014, la ville rose est récompensée pour le développement fulgurant du nombre de voyages en transports en commun entre 2006 et 2013. Bien qu’encourageant, c’est encore insuffisant au vu des enjeux démographiques et environnementaux que connait Toulouse aujourd’hui.
  • SMTC-Tisséo a bien compris la situation actuelle et met en place, dès 2015, le « Projet Mobilités 2020-2025-2030 », un des projets les plus ambitieux de France, avec celui du Grand Paris.
  • Je vous donne rendez-vous dans quelques années lorsque nous pourrons quantifier les effets du « Projet Mobilités » et que SMTC-Tisséo sera a nouveau récompensée pour l’augmentation du nombre de voyages en transports en commun à Toulouse !

Horaires de travail aménagés = mobilité améliorée !

La France est le septième pays le plus touché par les embouteillages en Europe.

Paris se classe en tête des villes françaises les plus congestionnées et en quinzième position au niveau européen. (chiffres 2015 communiqués par l’Inrix, fournisseur leader mondial des services d’info-trafic).

Rien qu’à Toulouse, on compte 3,8 millions de déplacements réalisés par jour (chiffres Tisséo pour 2013), principalement en voiture, avec 103 000 véhicules entre deux échangeurs au quotidien sur le périphérique toulousain (chiffres 2014 de l’Agence d’urbanisme et d’aménagement Toulouse aire urbaine).

Les heures de pointes (voire d’hyper pointe) sont omniprésentes et en lien direct avec les trajets domicile travail. La plus critique à échelle nationale est globalement autour de 18h. (source Les Echos)

Bouchons = perte de temps

En moyenne, en 2015, les Toulousains ont perdu 34h dans les bouchons !

Et qui dit perte de temps dit perte d’argent !

Bouchons = perte d’argent

L’INRIX évalue à 17 milliards d’euros par an le coût des bouchons en France !

Au delà du coût financier, on assiste aussi à une diminution du bien-être au quotidien lié à l’augmentation du stress dans les bouchons.

Le temps incompressible dédié au transport au quotidien représente un frein majeur et non négligeable à l’optimisation globale des tâches journalières recherchée par chacun d’entre nous afin justement… de se libérer du temps.

Dans ce contexte, qu’en est-il de la réorganisation du temps de travail pour désengorger les réseaux de transports et gagner du temps ? Et si l’organisation du travail pour réduire le besoin de déplacements en période de pointe était un enjeu clé ?

Les horaires décalés

Les premières initiatives d’horaires décalés ont été lancées en France ces dernières années sur le secteur de l’enseignement avec les universités de Rennes puis de Montpellier, Poitiers, Grenoble… Riches de résultats satisfaisants, les entreprises ont suivi le mouvement.

En parallèle, la SNCF a réalisé un sondage en 2013 : 86 % des franciliens actifs ayant un emploi se déclarent prêts à adapter leurs horaires de travail pour éviter les heures de pointe. De plus, 83 % des personnes interrogées jugent que « demander aux entreprises de permettre à leurs salariés de choisir leurs horaires afin d’éviter les heures de pointe » est une solution « intéressante ». (source)

Une expérimentation grandeur nature intitulée « challenge décalé »  a vu le jour en décembre 2015 dans le quartier d’affaire de la Plaine Saint-Denis, zone regroupant de nombreux sièges sociaux tels que la SNCF (3 500 salariés), SFR (8.500) ou encore Orange (3.500) et permettant aux employés de plusieurs entreprises de décaler leur horaires pour arriver au travail avant 8h15 ou après 9h15 afin d’éviter l’hyper-pointe du matin.

De plus en plus d’initiatives d’aménagement des horaires de travail sont réalisées pour palier à la saturation des réseaux de transports.

Enfin l’ADEME consacre l’aménagement des horaires de travail comme une des mesure phare du Plan de Mobilité qui sera rendu obligatoire pour les entreprises de plus de 100 salariés d’ici le 1er janvier 2018.

Ressortent de ces premières expérimentations plusieurs facteurs clés de succès pour un décalage des horaires réussi :

  • Des décalages faibles.
    15 à 30 minutes semblent suffisantes pour avoir un impact visible sur la saturation des transports, sans désorganiser trop les activités personnelles et professionnelles
  • L’adhésion.
    La contribution des salariés dans la définition du projet est essentielle pour garantir une mise en place optimale. Sans oublier l’implication en amont des Ressources Humaines pour encadrer les changements.
  • Des initiatives géographiquement ciblées avec une masse critique suffisante.
    Pour des effets visibles, il est nécessaire de bien identifier les zones critiques et de concentrer ces efforts sur ces zones. Un équilibre est à trouver entre adhésion de petites et de grandes entreprises pour assurer le succès des expérimentations !
    D’autres pistes sont envisageables :

  • Le télétravail, essentiel
    Si près de 16% des salariés font déjà l’expérience du télétravail, cela reste un aménagement du temps de travail qui n’est pas encore généralisé dans les entreprises et qui souvent, se limite à quelques jours dans la semaine ou le mois.
  • Les “tiers-lieux”, encore peu développés
    Locaux partagés mis à disposition des employés, par exemple à mi-chemin entre leur domicile et leur lieu de travail, ces espaces pourraient permettre de diminuer le temps de transport et de réduire les pointes dans les lieux très saturés.

L’inaction nous coûte 17 milliards par an alors que, combinées entre elles de manière intelligente, et en collaboration avec l’intégralité des parties prenantes, ces mesures sont gages de résultats prometteurs pour une mobilité améliorée et optimisée. Qu’attendons nous ?

Le monde dans ma poche !

…ou comment le smartphone a révolutionné la mobilité personnelle.

Ceux d’entre nous qui ont plus de 25 ans se rappellent d’un autre temps, où aller à une fête d’anniversaire impliquait de regarder le chemin avant de partir.

Nos déplacement ont été révolutionnés par l’apparition des smartphones avec GPS. Tout à coup, plus besoin de se préparer. Où que je sois, je connais ma position. Où que j’aille, je trouve ma destination. C’est devenu un réflexe au point qu’on a du mal à croire que ça ne fait que quelques années que c’est possible.

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Nouvelles mobilités : un enjeu de taille pour accéder à l’emploi

Lorsqu’il s’agit de trouver un emploi dans une société où la voiture se fait aussi indispensable que notre café du matin, les nouvelles mobilités se font de plus en plus indispensables.

Des chiffres qui parlent d’eux même

Selon une étude menée par l’Elabe, 40% des Français estiment ne pas avoir un accès facile et rapide à leur réseau de transport local.

Lorsque l’on s’interroge plus en détail sur l’influence de la mobilité sur l’accès à l’emploi, le constat a de quoi nous interloquer : près d’un Français sur quatre (23% selon Elabe) dit avoir déjà refusé une proposition d’embauche car le transport représentait un obstacle. Difficile à admettre quand on voit le chômage atteindre les 5 475 millions de demandeurs d’emploi fin 2016 (Chiffres Pôle Emploi) !

De nombreux enjeux

Zones rurales mal desservies, temps de trajet trop long : les freins à l’accès à l’emploi sont nombreux dans une réalité où la voiture personnelle reste le moyen de locomotion le plus répandu (6 français sur 10 selon une étude Randstad).

  • Quelles réponses apporter aux 700 000 jeunes demandeurs d’emploi (18-24 ans) qui bien souvent, ne possèdent ni permis ni voiture ?
  • Quel soutien apporter à des personnes vivant ou travaillant en zone rurale où les transports publics sont souvent peu nombreux et lents ?

Comme à travers la plateforme de mobilité Haute-Garonne, institutions publiques et privées oeuvrent pour que la mobilité de demain soit souple, pratique, économique et verte et permette de prévenir l’exclusion sociale et économique des demandeurs d’emploi.

Des synergies nécessaires

Du côté des transports publics, acteurs historiques, on se modernise : tramway, métro, Vélo Libre Service ou même téléphérique, le ton est donné !

Les synergies entre les infrastructures traditionnelles et les nouveaux services de transports permettront de porter assistance à des demandeurs d’emploi qui, face à l’urgence de travailler, sont parfois contraints de trouver des solutions peu fiables et sécuritaires à l’instar de cette salariée qui doit faire du stop tous les jours.

Une logique globale, avec un transport multimodal, est assurée de trouver son heure de gloire et, même si le succès de ces projets repose bien souvent sur un changement de moeurs, la situation de l’emploi légitime grandement leur essor.