Horaires de travail aménagés = mobilité améliorée !

La France est le septième pays le plus touché par les embouteillages en Europe.

Paris se classe en tête des villes françaises les plus congestionnées et en quinzième position au niveau européen. (chiffres 2015 communiqués par l’Inrix, fournisseur leader mondial des services d’info-trafic).

Rien qu’à Toulouse, on compte 3,8 millions de déplacements réalisés par jour (chiffres Tisséo pour 2013), principalement en voiture, avec 103 000 véhicules entre deux échangeurs au quotidien sur le périphérique toulousain (chiffres 2014 de l’Agence d’urbanisme et d’aménagement Toulouse aire urbaine).

Les heures de pointes (voire d’hyper pointe) sont omniprésentes et en lien direct avec les trajets domicile travail. La plus critique à échelle nationale est globalement autour de 18h. (source Les Echos)

Bouchons = perte de temps

En moyenne, en 2015, les Toulousains ont perdu 34h dans les bouchons !

Et qui dit perte de temps dit perte d’argent !

Bouchons = perte d’argent

L’INRIX évalue à 17 milliards d’euros par an le coût des bouchons en France !

Au delà du coût financier, on assiste aussi à une diminution du bien-être au quotidien lié à l’augmentation du stress dans les bouchons.

Le temps incompressible dédié au transport au quotidien représente un frein majeur et non négligeable à l’optimisation globale des tâches journalières recherchée par chacun d’entre nous afin justement… de se libérer du temps.

Dans ce contexte, qu’en est-il de la réorganisation du temps de travail pour désengorger les réseaux de transports et gagner du temps ? Et si l’organisation du travail pour réduire le besoin de déplacements en période de pointe était un enjeu clé ?

Les horaires décalés

Les premières initiatives d’horaires décalés ont été lancées en France ces dernières années sur le secteur de l’enseignement avec les universités de Rennes puis de Montpellier, Poitiers, Grenoble… Riches de résultats satisfaisants, les entreprises ont suivi le mouvement.

En parallèle, la SNCF a réalisé un sondage en 2013 : 86 % des franciliens actifs ayant un emploi se déclarent prêts à adapter leurs horaires de travail pour éviter les heures de pointe. De plus, 83 % des personnes interrogées jugent que « demander aux entreprises de permettre à leurs salariés de choisir leurs horaires afin d’éviter les heures de pointe » est une solution « intéressante ». (source)

Une expérimentation grandeur nature intitulée « challenge décalé »  a vu le jour en décembre 2015 dans le quartier d’affaire de la Plaine Saint-Denis, zone regroupant de nombreux sièges sociaux tels que la SNCF (3 500 salariés), SFR (8.500) ou encore Orange (3.500) et permettant aux employés de plusieurs entreprises de décaler leur horaires pour arriver au travail avant 8h15 ou après 9h15 afin d’éviter l’hyper-pointe du matin.

De plus en plus d’initiatives d’aménagement des horaires de travail sont réalisées pour palier à la saturation des réseaux de transports.

Enfin l’ADEME consacre l’aménagement des horaires de travail comme une des mesure phare du Plan de Mobilité qui sera rendu obligatoire pour les entreprises de plus de 100 salariés d’ici le 1er janvier 2018.

Ressortent de ces premières expérimentations plusieurs facteurs clés de succès pour un décalage des horaires réussi :

  • Des décalages faibles.
    15 à 30 minutes semblent suffisantes pour avoir un impact visible sur la saturation des transports, sans désorganiser trop les activités personnelles et professionnelles
  • L’adhésion.
    La contribution des salariés dans la définition du projet est essentielle pour garantir une mise en place optimale. Sans oublier l’implication en amont des Ressources Humaines pour encadrer les changements.
  • Des initiatives géographiquement ciblées avec une masse critique suffisante.
    Pour des effets visibles, il est nécessaire de bien identifier les zones critiques et de concentrer ces efforts sur ces zones. Un équilibre est à trouver entre adhésion de petites et de grandes entreprises pour assurer le succès des expérimentations !
    D’autres pistes sont envisageables :

  • Le télétravail, essentiel
    Si près de 16% des salariés font déjà l’expérience du télétravail, cela reste un aménagement du temps de travail qui n’est pas encore généralisé dans les entreprises et qui souvent, se limite à quelques jours dans la semaine ou le mois.
  • Les “tiers-lieux”, encore peu développés
    Locaux partagés mis à disposition des employés, par exemple à mi-chemin entre leur domicile et leur lieu de travail, ces espaces pourraient permettre de diminuer le temps de transport et de réduire les pointes dans les lieux très saturés.

L’inaction nous coûte 17 milliards par an alors que, combinées entre elles de manière intelligente, et en collaboration avec l’intégralité des parties prenantes, ces mesures sont gages de résultats prometteurs pour une mobilité améliorée et optimisée. Qu’attendons nous ?

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Laure Darcel

En tant que Responsable partenaires chez Coovia je me confronte au quotidien aux problématiques de mobilité et à tous les freins que celles-ci soulèvent. Sujets passionnants et en pleine évolution !

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