Etats Généraux de la Mobilité Durable En résumé

Souvent absente des débats politiques, la Mobilité Durable a été au coeur du débat pendant 9 mois à travers une vaste consultation. Elle s’est déroulée en ligne et via des réunions publiques et s’est concrétisée par 70 propositions d’action. Les défis sont aussi bien sociaux-économiques qu’environnementaux et de nombreuses problématiques destinées à les relever ont été abordées. Petite fiche de lecture sur résumé de ce que contiennent ces propositions :

Enjeu #1: Mettre la mobilité durable au coeur du débat public

Pour encourager des choix de mobilité durable, encore faut-il en parler. L’ancrage de l’autosolisme dans les habitudes de chacun rend la tâche d’autant plus complexe.

L’initiation du changement implique un engagement des instituions publiques pour quelles mènent des actions d’éducation et de sensibilisation à travers leur politiques publiques. A ce titre, la création d’un Ministère du Transport et de la Mobilité a été mentionnée comme une action majeure. Mais la mise en place d’instances de dialogue et d’échange aussi !

Les institutions locales et nationales doivent porter la problématique de façon récurrente pour que la lutte contre la pollution, la sédentarité et le report modal durable soient possible.

Enjeu #2: Recentrer la qualité au service des voyageurs

Pour encourager le report modal sur les transports publics, l’offre proposée doit impérativement correspondre aux attentes des voyageurs. Cela nécessite une mise en place d’indicateurs.

  • Les tarifs doivent être simplifiés pour une meilleure transparence et lisibilité.
  • Les trajets doivent être optimisés.

Pour arriver à des déplacements plus rapides et plus souples, différentes pistes sont mises en avant :

  • les aménagements urbains, voies de bus ou bandes d’arrêt d’urgence,
  • le cadencement des transports,
  • l’élaboration d’un véritable service minimum pour permettre de limiter les préjudices causés aux voyageurs par les mouvement sociaux,
  • la question de la connectivité dans les transports, gares et arrêts, qui représente un incitatif majeur.

Enjeu #3: Faciliter l’Intermodalité et la Multimodalité

L’intégration d’initiatives privées aux dispositifs de transports publics permet l’élargissement ainsi que l’optimisation de l’offre globale de transport. Mais cela ne peut se faire qu’à condition de permettre des correspondances efficaces. Les parkings de covoiturage à la sortie du métro en sont un bon exemple.

De même, la mise en place de guichets uniques, de plateformes billetiques multimodales et de pôles d’échanges multimodaux doit être accompagnée d’une tarification multimodale cohérente. Idéalement, elle est dématérialisée.

En résumé, les acteurs publics et privés doivent créer une synergie pertinente et constituer un dispositif pérenne de lutte contre l’autosolisme. La première étape de ce partenariat repose notamment sur une expérimentation par les régions et collectivités souhaitant étendre leur compétences en nouvelles mobilités.

Enjeu #4: Repenser la mobilité dans les territoires peu denses

Pour garantir une desserte des territoires peu denses, il faut miser sur la diversification de l’offre de transports. Les vélos électriques, l’autopartage ou le covoiturage sont des outils qui se doivent d’être complémentaires. L’important est l’efficacité.

De multiples appels à projets devraient voir le jour, notamment sur la mise en place d’infrastructures dédiées (pôles d’échanges multimodaux, voies cyclables, stationnements vélos sécurisés, stations de carburants alternatifs…).

L’idéal est de s’approcher d’une logique de transport à la demande pour un déplacement simple et souple mais à coûts maîtrisés.

Enjeu #5: Assurer la transition énergétique et préserver la Santé Publique

A court terme, il s’agit de réduire la pollution atmosphérique en assurant une transition vers la mixité énergétique et en rationalisant l’utilisation de la voiture personnelle.

Ces démarches passent par l’implication des entreprises à travers la mise en place d’un Plan de Mobilité (PDE) et des employeurs et recruteurs dont il est attendu qu’ils contribuent à la définition des offres publiques de mobilité et à la généralisation du conseil en mobilité.

Divers incitatifs financiers ont été envisagés avec par exemple :

  • l’achat de vélo et de véhicules de transports publics dont le montant des subventions devraient être révisé à la hausse;
  • l’Indemnité Kilométrique Vélo revalorisée pour inciter à pédaler pour se déplacer.

Enjeu #6: Préserver le financement et repenser le modèle économique

Pour assurer les investissements dans les transports publics, il a été proposé d’alléger les taxes (TVA sur matériel roulant, équipements…). Une TVA à 5,5% a notamment été évoquée.

Mais l’augmentation de l’Aide au Financement Des Infrastructures de Transport de France (AFITF) permettrait aussi un accompagnement financier supplémentaire.

Coté transport régional, la liberté tarifaire est recommandée mais à condition qu’elle soit cohérente avec la capacité contributive des voyageurs et que les tarifs soit indexés sur l’inflation. Ils pourraient alors augmenter avec l’évolution qualitative et quantitative de l’offre de transport.

Il est également proposé d’ouvrir le transport ferroviaire régional à la concurrence.

Un 4ème appel à projet Transports Collectifs et Mobilité Durable devrait être mis en place et la démarche pérennisée à horizon 2020.

Le mot de la fin?

C’est un vaste chantier qui s’annonce pour tous les acteurs de la mobilité pour créer une offre de transport à la fois large, souple et durable. La clé du succès réside dans une étroite collaboration entre les ressources historiques, par exemple le vélo, et les produits de l’innovation, comme le vélo électrique.

Toutes ces ambitieuses mesures ne prendront sens qu’à la seule condition de trouver un soutien solide de la part des diverses instances politiques nationales et régionales, pour que les enjeux de la mobilité durable prennent place dans la conscience et les choix de chacun.

Source :

  • Rapport des Etats Généraux de la Mobilité, à l’initiative de l’Association des Régions de France (ARF), la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports (FNAUT), la Fédération Nationale des Transports de Voyageurs (FNTV), le Groupement des Autorités  Responsables de Transport (Gart), l’association TDIE (Transport, Développement, Intermodalité, Environnement) et l’Union des Transports Publics et ferroviaires (UTP)
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Lauréne Dia

Chargée de développement chez Coovia

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