La marche, le déplacement sous-estimé?

En 2015, un Français faisait en moyenne 7500 pas, contre 9000 en 2012. (source) Les français favorisent de moins en moins la marche malgré l’augmentation des distances parcoures. Cette diminution qui est dans la continuité des vingt dernières années inquiète le milieu médical qui conseille une pratique quotidienne d’environ 30 minutes pour des bienfaits sur la santé. Cette activité bénéfique est trop souvent sous-estimée. Comment réconcilier les Français avec leurs pieds ? Enquête.

La mobilité courte distance

La marche est principalement utilisée sur des trajets courtes distances (déplacement dans un bâtiment fermé, rue piétonne…). Cependant depuis quelques années, la distance parcourue à pied s’est réduite rendant le trajet piéton encore plus marginal.

Les Français, qui en moyenne font 7500 pas quotidiens, sont très loin des 10.000 pas préconisés par les professionnels de la santé. Ce phénomène peut être expliqué par la diversification des modes de transport court trajet (< 3 km) : développement du cyclisme, segway, trottinette, monocycle, escalators… Cette diversification n’est pas seulement un effet de mode mais peut être vue comme une solution du fait que la marche est l’une des mobilités les plus lentes (environ 5 km/h).

La mobilité partout

Pas besoin de chercher une place de parking pour ses jambes. Se déplacer à pied permet de se déplacer partout sans avoir les inconvénients d’autres transports plus encombrants tel que la voiture, ou d’ajouter les coûts additionnels (place de parking, révision, carburant). De plus en plus de villes favorisent la marche en rendant des zones exclusivement piétonnes, en réaménageant des trottoirs ou en lui donnant un plus grand poids (piétons toujours prioritaires lors de la traversé du passage piéton même au feu rouge).

Un allié pour la santé physique…

La marche est, avec le vélo, l’un des seuls modes de transport dit « actif » c’est à dire nécessitant une activité physique, contrairement aux modes de transports dits « passif » (voiture, transports en commun, segway, hoverboard).

Le monde de la santé s’accorde pour dire que 30 minutes de marche par jour sur cinq jour de la semaine permettrait d’avoir des retombés musculaires, cardiaques et respiratoires bénéfiques. De plus, le poids peut être plus facilement régulé. (source)

… Et aussi psychique

Moins connu, la marche a aussi des effets bénéfiques sur la santé mentale. Le simple fait de marcher dans un environnement naturel tel que les parcs ou les forêts stimule en effet les sensations de bien être et la réflexion sur soi-même.

Selon une étude du docteur Marc Berman de l’Université de South Carolina, marcher dans un environnement naturel favoriserait la mémoire, la créativité et la plasticité du cerveau. (source)

Redécouvrir la marche

Oui, la marche est un mode de transport lent. Cependant, est-ce vraiment un aspect négatif ? Ces bienfaits sur la santé, que n’apportent aucun autre mode de transport, font de la marche le mode de déplacement le plus fructueux. Marcher dans une forêt en famille ou faire un petit détour à pied avant de se rendre à la maison est facile et, avec l’arrivée de l’été, pourquoi ne pas aller chercher les enfants à pied ? Cela vous permettrait aussi d’avoir un échange plus personnel avec vos enfants. Réappropriez vous vos jambes, votre meilleur ami pour les déplacements !

Pour aller plus loin :

Écomobilté : Définition et Enjeux

L’écomobilité est un enjeu majeur face au réchauffement climatique. En effet, le secteur des transports est le premier émetteur de gaz à effet de serre en France. Heureusement, le numérique permet d’envisager la mobilité autrement.

Le transport en France, 1er émetteur de gaz à effet de serre

Selon le ministère de l’Environnement, sur la période 1990-2013, les émissions de GES du secteur transport ont augmentées de 12 %. (source) En 2013, les transports représentent 26,9% des émissions de gaz à effet de serre (GES). Le transport est le premier secteur en terme d’émissions de GES contre 18,8 % pour le secteur agricole, 17,7 % pour les secteurs résidentiel et tertiaire, 13 % pour le secteur de l’industrie manufacturière, 11,7 % pour les industries de l’énergie et 3,4 % pour le secteur du traitement des déchets. (source)

L’écomobilité

L’ADEME définit l’écomobilité comme : « la capacité à repenser nos déplacements pour :

  • limiter le recours systématique à la « voiture solo » et privilégier les usages partagés de la voiture
  • utiliser les modes de transport économes en énergie, en CO2, en coût ;
  • privilégier les transports collectifs (bus, tramway, métro, train) et les modes partagés (vélos en libre-service, autopartage, covoiturage) ;
  • rester actif (marche, vélo)« .

L’écomobilité est donc une démarche globale visant à optimiser l’offre de transport en intégrant les besoins des usagers (résidents, navetteurs, visiteurs, écoliers, étudiants, commerçants,…). Son objectif est d’améliorer les déplacements en diminuant la dépendance à la voiture.

Quel est le rôle du numérique dans le développement de l’écomobilité ?

Les nouvelles technologies tels qu’Internet, la géolocalisation ou encore le partage d’information en temps réel permettent de calculer des itinéraires incluant les transports les plus proches, les fréquences, les horaires, l’état du trafic.  Grâce à cela les usagers peuvent maintenant s’informer instantanément et profiter de l’ensemble des solutions de transport disponibles (tram, bus, métro, vélos, covoiturage, autopartage …) pour se déplacer de manière rapide, économique ou active (marche ou vélo).

Aujourd’hui, un certains nombres de sociétés créent des applications d’écomobilité tournées vers l’intermodalité afin de développer la part des transports actifs,  collectifs ou partagés contre l’autosolisme. C’est le cas, par exemple, de l’application de covoiturage Coovia, qui intègre les données des stations de VélôToulouse ou des lignes de transports en commun SNCF ou Tisséo. L’intermodalité permet également d’alterner son mode de déplacement à la carte en fonction des jours de la semaine, en adéquation avec ses activités.

Quels sont les modes de transport les moins polluants ?

Les émissions sont calculées en gramme de CO2 par kilomètre et par personne. Les chiffres repris ci-dessous sont tirés de l’étude  » Émissions de CO2 selon le mode de transport en ville – Réf. « Maîtriser le changement climatique : le mémento des décideurs » MIES 1999  » et de l’article  » Les modes de transport les moins polluants  » de A+ Energies.

Classement des modes de transport polluants en ville :

Modes actifs (vélo, marche, roller, trottinette, …) : 0g CO/ km
Tramway : 20g CO/ km
Voiture électrique : 22 g CO2 / km
TER : 43 g CO2 / km.
Bus : 80g CO/ km
Voiture thermique (personne seule) : 310g CO/ km

Classement des modes de transport pour les longs trajets (hors ville) :

TGV : 13 g CO2 / km
Train (Intercités, Téoz) : 43 g CO2 / km.
2-roues jusqu’à 125 cm3 : 113 g CO2 / km
Avion, vol long-courrier : 118 g CO/ km
Moto de plus de 750 cm3  : 123 g CO2 / km
Voiture diesel de taille moyenne : 127 g CO2 / km
Autobus : 130 g CO/ km
Voiture essence taille moyenne : 135 g CO2 / km
Avion, vol domestique : 145 g CO/ km
Voiture GPL taille moyenne : 188 g CO2 / km

Pour les trajets en ville, les modes actifs sont les moins chers, les plus écologiques et les plus bénéfiques pour la santé ! Savez-vous par exemple que l’utilisation quotidienne du vélo pour aller au travail réduit de 40% notre risque de mortalité ? Pour les trajets un peu plus long en ville, différentes solutions plus ou moins écologiques existent tels que les transports en commun (le tramway remporte la palme d’or avec seulement 20g CO/ km), la voiture individuelle (le mode de déplacement le plus polluant) ou le covoiturage. De nombreuses personnes habitant en périphérie des villes ou à la campagne n’ont pas d’alternative viable à la voiture. Dans ce cas, la pratique du covoiturage permet de réduire le nombre de voiture en circulation. Pour les usagers, c’est aussi l’occasion de bénéficier des avantages de ce mode de déplacement : partage des frais, convivialité, solidarité, écomobilité, etc.

Concernant les longs trajets, la palme du transport le plus écologique revient de loin aux TGV avec seulement 13 g CO2 / km puis aux trains plus lents et moins modernes tels que les Intercités, Téoz avec 43 g CO2 / km.

 

Ce qu’il nous reste à faire :

L’ennemi public n°1 reste l’usage de la « voiture solo » génératrice de multiples nuisances telles que : les émissions de gaz à effet de serre, les embouteillages, le bruit, l’étalement urbain, etc.

Des solutions existent afin de développer l’écomobilité. Il faut s’en saisir afin de satisfaire nos engagements du Grenelle de l’environnement : réduction de 20% des émissions de CO2 des transports d’ici à 2020, pour les ramener à leur niveau de 1990.

A bientôt et bon déplacement !

Sources :

Le covoiturage événementiel

Tout le monde a déjà entendu parler du covoiturage. Certains l’ont testé et même déjà adopté ! Même les personnes n’ayant jamais utilisé de plateforme de covoiturage ont au moins une fois dans leur vie covoiturées avec leur entourage que ce soit pour aller au travail, partir en vacances ou même pour se rendre à des événements. Covoiturer, c’est exécuter un trajet commun avec d’autres personnes. C’est partager votre voiture afin de combler les sièges vides et d’en faire profiter vos voisins/autrui.

Le covoiturage est en plein essor. Son côté écolo et économe séduit mais il a aussi d’autres atouts : il booste les réseaux personnels et professionnels et apporte bien sûr de la convivialité. Mais combien de trajets se font seuls alors que d’autres personnes font le même trajet que nous chaque jour ou se rendent au même endroit ? Votre voisin se rend peut-être au même événement que vous et vous ne le savez même pas !

Prenons l’exemple de la grande agglomération toulousaine : 2,3 millions de déplacements en voiture / jour et 5 millions de sièges vides circulent chaque sur cette même agglomération. Il existe plusieurs plateforme dédiées au covoiturage, avec des différences et spécialisations :

  • le covoiturage longue distance, comme blablacar,
  • le covoiturage quotidien dit domicile-travail, comme Coovia ou Tisséo pour la région toulousaine, ou Blablalines pour l’axe autoroutier entre Montauban et Toulouse,
  • l’auto-stop 2.0 comme Rezopouce


A cela on peut ajouter le covoiturage événementiel, que Coovia teste actuellement avec son nouveau produit MYpeopleGO

 

Le covoiturage d’événement, qu’est ce que c’est ?

Le covoiturage événementiel est une variante du covoiturage. Le covoiturage est particulier car on covoiture pour se rendre à un endroit, à une heure précise, et en repartir à la fin de l’événement. Pour un match de rugby, par exemple, les covoitureurs arrivent et partent à la même heure… et c’est beaucoup plus facile pour s’organiser 😉

Le covoiturage événementiel est, par définition, exceptionnel mais peut être récurrent, comme dans le cas de supporters. Le trajet peut être plus ou moins long.

Le covoiturage événementiel, qu’est-ce que cela apporte ?

Le covoiturage événementiel récupère les avantages du covoiturage plus classique :

  • Écologique. Prendre moins de voiture pour se rendre à un endroit permet de désengorger les routes et donc de réduire les émissions polluantes.  Cela diminue l’empreinte carbone de chacun ainsi que que des autres gaz à effet de serre émis par les véhicules
  • Economique. En covoiturage le trajet effectué est moins cher par personne puisque les frais sont partagés. Ce sont des économies de carburant et d’usure des véhicules.
  • Convivialité. Faire un trajet à plusieurs est toujours plus fun que de le faire  seul.  Le temps passe plus vite, on peut échanger avec d’autre personnes, des amis ou bien même des inconnus que l’on n’aurait pas forcément eu l’occasion de rencontrer sans ça.
  • Solidarité. Covoiturer c’est permettre à des personnes n’ayant pas de moyen de transport de pouvoir se rendre à des endroit où ils ne seraient pas aller sans ce moyen.
  • Sécuritaire. Covoiturer permet de réduire la fatigue et le stress et les accidents de la route  :

Mais, pour l’organisateur de l’événement, le covoiturage événementiel permet :

  • de donner une meilleure accessibilité aux sites
  • de réduire les flux de circulation autour des sites. Le voisinage appréciera !

Le covoiturage est une offre supplémentaire qui peut devenir un élément clés pratique pour l’organisation d’un événement, que ce soit une soirée, un mariage, un anniversaire…. ou un match de rugby !

Les différents acteurs apportent chacun des solutions ou spécialisations. Covoiturart se spécialise sur les institutions culturelles, Blablacar passe des partenariats avec des festivals. L’offre s’élargit et contribue normaliser le covoiturage événementiel. Attendrez vous que ce soit mainstream pour vous y adonner ? 😉

Photo : MYpeopleGO