Le nouveau Grand Paris des Transports : un pari fou ?

Présenté par le Gouvernement le 6 mars 2013, le nouveau Grand Paris des Transports s’inscrit dans la continuité du Plan Climat Parisien de 2007 dont l’objectif est de réduire, d’ici 2020, la consommation énergétique du territoire Parisien de 25% par rapport au niveau de 2004. Le nouveau Grand Paris s’inscrit désormais dans le plan d’action stratégique Paris intelligente et durable présenté par la Maire en mai 2015.

 

Que se cache-t-il sous ce grand nom ?

A l’instar du Projet Mobilité Toulousain ayant fait l’objet d’un article en février 2017 sur ce blog, le nouveau Grand Paris des Transports vise à améliorer progressivement, jusqu’en 2030, la qualité des déplacements grâce à un niveau de service accru et au retour à des temps de trajet raisonnables. Le projet parisien a pour objectif de moderniser et développer le réseau de transport afin répondre à la forte augmentation du trafic (21% du trafic en dix ans) et aux inefficacités du réseau comme le manque d’une ligne circulaire et de point d’interconnexions efficaces.

Le nouveau Grand Paris des transports se scinde en deux volets :

  1. la modernisation du réseau existant,
  2. la mise en place de nouvelles lignes de métro automatique, c’est le fameux Grand Paris Express.

Grâce à ce projet colossal, réduisant les inégalités territoriales et améliorant l’attractivité de la région Île-de-France, 90% des franciliens seront en 2030 à moins de 2 km d’un gare ! Découvrez la carte du réseau de transport du Grand Paris tel qu’il sera en 2030.

 

L’amélioration et l’extension du réseau existant

L’Etat, la région, les départements et le STIF ( Syndicat des transports d’Île-de-France ) ont conclu d’engager 12 milliards d’euros afin d’améliorer et d’étendre le réseau de transport public existant d’ici 2030. Concrètement les Franciliens assisteront progressivement à : l’amélioration des lignes de Transilien, des prolongations de lignes de métro (ligne 11 et 14), la désaturation de certaines autres (ligne 13), le prolongement du RER E (projet EOLE), la création de bus à haut niveau de service et de nouvelles lignes de tramways, et la modernisation des RER.

 

Le Grand Paris Express

Ce projet pharaonique, dont les travaux ont débutés en 2015, prévoit à l’horizon 2030 la construction de 200 km de lignes de métro automatique et 68 nouvelles gares reliant les pôles du Grand Paris, les 3 aéroports et les gares TGV !  La plupart de ces lignes sont de périphérie à périphérie, il y aura également la création d’une ligne de rocade. Les lignes automatiques seront reliées au réseau et permettront de faire gagner en moyenne 7 minutes aux usagers.

 

Sources :

 » Un réseau de transport moderne et étendu « , Société du Grand Paris, 9 avril 2014 :
https://www.societedugrandparis.fr/projet/le-grand-paris/reseau-transport-moderne-etendu

 » Le nouveau grand Paris « , STIF, juillet 2015 :
http://www.stif.org/IMG/pdf/dpi_2015_ensemble-fiches-projets_mel_bis.pdf

 » Réseau de transport du Nouveau Grand Paris « , IAU, 2015 :
http://www.iau-idf.fr/fileadmin/user_upload/Enjeux/MGP/atlasMGP/CCM_15_rngp.pdf

 » Plan de mobilisation pour les transports en Île-de-France « , AUT IDF, 2009 :
http://www.aut-idf.org/IMG/pdf/plan_mobilisation_RIF_mars09.pdf

 » Le Grand Paris des transports « , Préfecture d’Île-de-France, 29 mars 2016
http://www.prefectures-regions.gouv.fr/ile-de-france/Region-et-institutions/Portrait-de-la-region/Le-Grand-Paris/Le-Grand-Paris-des-transports/Le-Grand-Paris-des-transports

Écomobilté : Définition et Enjeux

L’écomobilité est un enjeu majeur face au réchauffement climatique. En effet, le secteur des transports est le premier émetteur de gaz à effet de serre en France. Heureusement, le numérique permet d’envisager la mobilité autrement.

Le transport en France, 1er émetteur de gaz à effet de serre

Selon le ministère de l’Environnement, sur la période 1990-2013, les émissions de GES du secteur transport ont augmentées de 12 %. (source) En 2013, les transports représentent 26,9% des émissions de gaz à effet de serre (GES). Le transport est le premier secteur en terme d’émissions de GES contre 18,8 % pour le secteur agricole, 17,7 % pour les secteurs résidentiel et tertiaire, 13 % pour le secteur de l’industrie manufacturière, 11,7 % pour les industries de l’énergie et 3,4 % pour le secteur du traitement des déchets. (source)

L’écomobilité

L’ADEME définit l’écomobilité comme : « la capacité à repenser nos déplacements pour :

  • limiter le recours systématique à la « voiture solo » et privilégier les usages partagés de la voiture
  • utiliser les modes de transport économes en énergie, en CO2, en coût ;
  • privilégier les transports collectifs (bus, tramway, métro, train) et les modes partagés (vélos en libre-service, autopartage, covoiturage) ;
  • rester actif (marche, vélo)« .

L’écomobilité est donc une démarche globale visant à optimiser l’offre de transport en intégrant les besoins des usagers (résidents, navetteurs, visiteurs, écoliers, étudiants, commerçants,…). Son objectif est d’améliorer les déplacements en diminuant la dépendance à la voiture.

Quel est le rôle du numérique dans le développement de l’écomobilité ?

Les nouvelles technologies tels qu’Internet, la géolocalisation ou encore le partage d’information en temps réel permettent de calculer des itinéraires incluant les transports les plus proches, les fréquences, les horaires, l’état du trafic.  Grâce à cela les usagers peuvent maintenant s’informer instantanément et profiter de l’ensemble des solutions de transport disponibles (tram, bus, métro, vélos, covoiturage, autopartage …) pour se déplacer de manière rapide, économique ou active (marche ou vélo).

Aujourd’hui, un certains nombres de sociétés créent des applications d’écomobilité tournées vers l’intermodalité afin de développer la part des transports actifs,  collectifs ou partagés contre l’autosolisme. C’est le cas, par exemple, de l’application de covoiturage Coovia, qui intègre les données des stations de VélôToulouse ou des lignes de transports en commun SNCF ou Tisséo. L’intermodalité permet également d’alterner son mode de déplacement à la carte en fonction des jours de la semaine, en adéquation avec ses activités.

Quels sont les modes de transport les moins polluants ?

Les émissions sont calculées en gramme de CO2 par kilomètre et par personne. Les chiffres repris ci-dessous sont tirés de l’étude  » Émissions de CO2 selon le mode de transport en ville – Réf. « Maîtriser le changement climatique : le mémento des décideurs » MIES 1999  » et de l’article  » Les modes de transport les moins polluants  » de A+ Energies.

Classement des modes de transport polluants en ville :

Modes actifs (vélo, marche, roller, trottinette, …) : 0g CO/ km
Tramway : 20g CO/ km
Voiture électrique : 22 g CO2 / km
TER : 43 g CO2 / km.
Bus : 80g CO/ km
Voiture thermique (personne seule) : 310g CO/ km

Classement des modes de transport pour les longs trajets (hors ville) :

TGV : 13 g CO2 / km
Train (Intercités, Téoz) : 43 g CO2 / km.
2-roues jusqu’à 125 cm3 : 113 g CO2 / km
Avion, vol long-courrier : 118 g CO/ km
Moto de plus de 750 cm3  : 123 g CO2 / km
Voiture diesel de taille moyenne : 127 g CO2 / km
Autobus : 130 g CO/ km
Voiture essence taille moyenne : 135 g CO2 / km
Avion, vol domestique : 145 g CO/ km
Voiture GPL taille moyenne : 188 g CO2 / km

Pour les trajets en ville, les modes actifs sont les moins chers, les plus écologiques et les plus bénéfiques pour la santé ! Savez-vous par exemple que l’utilisation quotidienne du vélo pour aller au travail réduit de 40% notre risque de mortalité ? Pour les trajets un peu plus long en ville, différentes solutions plus ou moins écologiques existent tels que les transports en commun (le tramway remporte la palme d’or avec seulement 20g CO/ km), la voiture individuelle (le mode de déplacement le plus polluant) ou le covoiturage. De nombreuses personnes habitant en périphérie des villes ou à la campagne n’ont pas d’alternative viable à la voiture. Dans ce cas, la pratique du covoiturage permet de réduire le nombre de voiture en circulation. Pour les usagers, c’est aussi l’occasion de bénéficier des avantages de ce mode de déplacement : partage des frais, convivialité, solidarité, écomobilité, etc.

Concernant les longs trajets, la palme du transport le plus écologique revient de loin aux TGV avec seulement 13 g CO2 / km puis aux trains plus lents et moins modernes tels que les Intercités, Téoz avec 43 g CO2 / km.

 

Ce qu’il nous reste à faire :

L’ennemi public n°1 reste l’usage de la « voiture solo » génératrice de multiples nuisances telles que : les émissions de gaz à effet de serre, les embouteillages, le bruit, l’étalement urbain, etc.

Des solutions existent afin de développer l’écomobilité. Il faut s’en saisir afin de satisfaire nos engagements du Grenelle de l’environnement : réduction de 20% des émissions de CO2 des transports d’ici à 2020, pour les ramener à leur niveau de 1990.

A bientôt et bon déplacement !

Sources :

Les Transports en Commun à Toulouse

Les Transports en Commun à Toulouse remportent en 2014, un an après avoir fêté leur 150 ans, les Eurostar Ashden Awards parmi plus de 100 candidats. SMTC-Tisséo, le Syndicat Mixte des Transports en Commun de la Grande Agglomération Toulousaine, a été récompensé pour la croissance du nombre de déplacements en transports en commun : +80% entre 2006 et 2013 ! Toulouse est ainsi passé de la 7e à la 4e place des villes françaises ! Comment la ville en est arrivé là ? Quels sont les chantiers des 20 prochaines années ? C’est ce qu’aborde cet article : la création des Transports en Commun à Toulouse et le futur des transports toulousains. Après cela, le tramway électrique de 1906 et le futur téléphérique reliant les deux rives de la Garonne n’auront plus de secret pour vous ! Vous êtes prêts ?

Retour sur l’histoire des Transports en Commun à Toulouse

Omnibus hippo-tracté de Toulouse
Omnibus à impériale de 1863,
Archives municipales de Toulouse

1863 : l’omnibus hippo-tracté

Toulouse compte à peine plus de 100 000 habitants lorsque le marquis de Patras de Campaigno, alors maire, inaugure place du Capitole le tout premier service de transport municipal : 9 omnibus tractés par des chevaux. Le succès est immédiat et quarante ans plus tard le service comporte 118 véhicules.

Chaque omnibus pouvait transporter une vingtaine de voyageurs… dont 10 sur le toit !

1906 : le tramway électrique

En 1906 apparaît le premier tramway électrique dans les rues de Toulouse. Trois ans plus tard, le réseau compte 14 lignes. Elles desservent des banlieues encore peu urbanisée comme Aucamville, Castanet, Colomiers ou Blagnac.

1957 : le bus puis la voiture

Après la seconde guerre mondiale commence le déclin des transports en commun à Toulouse. Le réseau de tram est abandonné en 1957 au profit du bus, qui sera totalement asphyxié par le « tout voiture » dans les années 70. Alors que le tram avaient façonné l’urbanisme de Toulouse, la ville s’étend désormais dans l’indifférence des transports en commun.

1993 : le métro

Après cinq années de travaux, la première ligne Sud-Ouest – Nord-Est, reliant Basso-Cambo à Jolimont est mise en service. Face à l’affluence, la ligne est prolongée, 20 ans plus tard, en 2003, afin de desservir Balma-Gramont. Le succès de la ligne A engendre la création de la ligne B, mise en service en 2007, reliant le Nord au Sud, Borderouge à Ramonville.

2007 : création de «VélôToulouse»

La ville met en place le service «VélôToulouse» afin de désengorger les rames du métro aux heures de pointe.

2010 : le retour du tramway

Plus d’un demi-siècle après avoir quitté Toulouse, le tramway revient dans l’agglomération avec 2 lignes :

  • la T1 reliant Beauzelle à l’arrêt Palais de Justice (2010)
  • la T2 reliant Palais de justice à l’aéroport (2015)

2014 : le prix Eurostar Ashden Awards

Lorsque SMTC-Tisséo reçoit le prix, 700 000 personnes utilisent, chaque jour, les services de Tisséo contre 500 000 en 2006. Cela représente 170 millions de voyages, pour seulement 89 millions en 2006 !

2015 : l’amorce d’un nouvel âge d’or des transports en commun à Toulouse

Le territoire toulousain a la plus forte croissance démographique de France (+ 16 000 habitants par an entre 2007 et 2012). L’Autorité Régulatrice des Mobilités de la Grande Agglomération Toulousaine estime qu’en 2025, 500 000 déplacements supplémentaires par jour seront réalisés.

En 2015, Tisséo-SMTC lance le  » Projet Mobilités 2020-2025-2030 « , une démarche visant à renforcer l’accessibilité de l’agglomération, maintenir l’attractivité des zones économiques et organiser les conditions de la mobilité dans la perspective d’une croissance soutenue.

Projet Mobilités : les chantiers des 20 prochaines années

Projets Mobilités : Les transports en commun à Toulouse

Les tarifs

Dès le 1er juillet 2017, les tarifs des transports en commun Tisséo évoluent. Ils seront désormais plus progressifs ! Par exemple, le tarif « Jeunes – 26 ans » sera divisé en trois catégories : le tarif de base à 15€/mois,  le tarif boursiers à 10€/mois et un tarif gratuit pour les boursiers échelon 7.

Les lignes de bus Linéo

Lancées en septembre 2016, les deux premières lignes de bus Linéo offrent une fréquence d’un bus toutes les 8 minutes en heure de pointe ainsi que des horaires élargis pour s’aligner sur les métros (5h15 à 00h30 en semaine). Elles traversent la ville rose.

La fréquentation des lignes Linéo, L1 entre Sept-Deniers et Gymnase de l’Hers et L2 entre Arènes et Colomiers, a fortement augmenté en 6 mois. Conséquence : SMTC-Tisséo a déjà prévu 3 nouveaux Linéo pour fin 2017 :

  • L6 : Ramonville > Castanet Tolosan
  • L7 : Cours Dillon > Saint-Orens Centre commercial
  • L8 : Marengo SNCF > Gonin

Les lignes L3 et L9 seront pour la rentrée 2018 et les lignes L4, L5, L10 pour fin 2019. Les noms des lignes ont été attribués dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, comme le montre le site mieuxbouger.fr.

Le doublement des rames de la ligne A

Face au problème régulier de saturation de la ligne A, SMTC-Tisséo prend le taureau par les cornes et décide de doubler la capacité du métro, en passant la longueur de rames de 26 à 52 mètres. Les travaux commenceront à l’été 2017 (fermeture de la ligne du 17 juillet au 20 août 2017) et finiront fin 2019. Courant 2020, le flux de piétons de la station Jean Jaurès, où se croisent les lignes A et B, sera amélioré, comme l’indique le dossier d’enquête publique.

L’arrivée de la 4G dans le métro

A l’automne 2017, le métro sera doté d’une couverture 2G/3G/4G. Elle permettra aux passagers de se distraire ou de s’organiser en cas de dysfonctionnement du métro.

Le Téléphérique Urbain Sud

Passer de la rive gauche à la rive droite en 10 minutes, ça vous fait rêver ? Eh bien, cela sera bientôt possible grâce au premier tronçon du projet « Téléphérique Urbain Sud« , Oncopole – Université Paul Sabatier, qui sera mis en service début 2020. A terme, le téléphérique pourrait même relier les quartiers Montaudran et Basso Combo.

Plus de places au Parkings-Relais

D’ici 2020, 2000 places dans les P+R seront créées afin d’encourager les Toulousains à utiliser les transports en commun et favoriser l’intermodalité. L’augmentation du nombre de places concernera les P+R de Borderouge (+300 places), Basso Combo (+450 places), Ramonville (+200 places), Oncopole (+500 places), les P+R Linéo (+550 places). L’extension des P+R s’accompagnera d’autres actions favorisant l’intermodalité tels que la création de zones aménagées pour les covoitureurs, de parc à vélo…

Installation de « points de rendez-vous » covoiturage

Depuis 2015, le territoire se maille de « points de rendez-vous » pour le covoiturage près des arrêts de transport en commun afin de favoriser l’intermodalité. Ce mode de déplacement complémentaire aux transports en commun à Toulouse permet de rejoindre les transports publics (covoiturage vers les P+R) ou une autre destination autrement qu’en voiture individuelle.

La troisième ligne de métro

D’ici l’été 2017, nous connaîtrons le tracé de la tant attendue troisième ligne de métro à Toulouse. Cette ligne parcourra un itinéraire de 28 km entre Colomiers et Labège, en passant par La Vache, Matabiau et Montaudran, desservant une vingtaine de stations. Sa mise en service définitive est prévue pour 2024. Si vous souhaitez en savoir plus, rendez-vous sur le site du débat public sur la 3ème ligne.

Concluons.

  • Toulouse a très tôt été un modèle en matière de transports en commun, notamment pendant l’âge d’or du tramway, avant que la voiture devienne la solution privilégiée des Toulousains, créant l’étalement urbain actuelle.
  • En 2014, la ville rose est récompensée pour le développement fulgurant du nombre de voyages en transports en commun entre 2006 et 2013. Bien qu’encourageant, c’est encore insuffisant au vu des enjeux démographiques et environnementaux que connait Toulouse aujourd’hui.
  • SMTC-Tisséo a bien compris la situation actuelle et met en place, dès 2015, le « Projet Mobilités 2020-2025-2030 », un des projets les plus ambitieux de France, avec celui du Grand Paris.
  • Je vous donne rendez-vous dans quelques années lorsque nous pourrons quantifier les effets du « Projet Mobilités » et que SMTC-Tisséo sera a nouveau récompensée pour l’augmentation du nombre de voyages en transports en commun à Toulouse !