L’impact de la Responsabilité Sociale des Entreprises sur la mobilité des entreprises

La Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) est une notion globale de la mise en pratique du développement durable au sein des entreprises. Son but : avoir un impact positif sur les préoccupations sociales, environnementales et économiques actuelles, tout en prenant en compte les attentes de tous les collaborateurs d’une entreprise. Les outils de la RSE sont multiples et peuvent apparaître sous différentes formes. La mobilité fait partie de ces outils. Explications.

Qu’est-ce que la Responsabilité Sociale des Entreprises ?

La RSE permet aux entreprises de réduire l’impact négatif de leurs productions sur la planète tout en ayant un enjeu positif sur le social, en améliorant la qualité de vie de leurs salariés, et par la suite sur. Egalement appelée Responsabilité Sociétale des Entreprises, son champ d’action va au-delà des obligations juridiques applicables (lois en vigueurs et normes internationales).

Chaque entreprise peut aller plus loin dans sa démarche. Le but n’est pas de se concentrer sur le profit immédiat : il faut penser sur le long terme en ayant conscience que chaque acte a un impact positif ou négatif sur l’environnement, le social et l’économie.

Toutes les entreprises françaises peuvent avoir une politique RSE. Grands groupes, entreprises cotées, PME : chaque geste compte !

Le Plan de Mobilité des Entreprises, une des solutions de la RSE

La Responsabilité Sociale des Entreprises peut prendre plusieurs formes au sein d’une entreprise, que ce soit par rapport à la gouvernance, l’embauche, l’approvisionnement, etc.

A partir de janvier 2018, l’Etat français impose aux entreprises un outil de la Responsabilité Sociale des Entreprises : le Plan de Déplacement des Entreprises. Ce plan de mobilité a un impact à la fois économique, sociétal et écologique. En effet, chaque entreprise doit proposer des solutions de mobilité pour faciliter à ses salariés, clients ou fournisseurs, les parties prenantes, l’accès au travail. Elle peut aménager les horaires de ses salariés, les inciter à privilégier le télétravail, les transports en commun ou le covoiturage pour leurs déplacements.

L’obligation du Plan de Déplacement des Entreprises dans le cadre de la RSE pousse les entreprises à réfléchir à de réelles solutions pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, les moyens de communications sont importants et il suffit parfois d’avoir un ordinateur et d’une connexion internet pour travailler.  Et même s’il est important que les salariés d’une même entreprise travaillent ensemble, ont-ils besoins d’être présents tous les jours au sein de l’entreprise ? Les réunions avec des collaborateurs extérieurs ne peuvent-elles pas avoir lieu par visioconférence ?

Tous les moyens sont bons pour limiter les émissions de gaz à effet de serre tout en améliorant le quotidien des collaborateurs d’une entreprise. La Responsabilité Sociale des Entreprises est là pour guider les entreprises et pousser leur réflexion afin de trouver des solutions qui conviennent à tous.

Les règles de mise en place du plan de mobilité des entreprises

A partir du mois de janvier 2018, les entreprises de plus de 100 salariés devront proposer un “plan de mobilité des entreprises”, dit également “plan de déplacement” à leurs employés. D’ici cette date, il peut être lancé à tout moment. Seulement, un Plan de Mobilité se prépare en amont. Voici les étapes importantes à respecter avant sa mise en place effective.

Etape 1 : état des lieux de l’existant

Avant de lancer un plan de mobilité, il est important de dresser en amont un diagnostic de l’entreprise qui va permettre de mettre en place un plan de déplacement sur-mesure. De nombreux critères sont à prendre en compte du côté de l’entreprise mais aussi du côté des salariés, comme :

  • le budget transport pour l’entreprise (déplacements de clients, visiteurs, livreurs) ;
  • le budget de transport des salariés / stagiaires / contrats pro ;
  • le nombre de places de stationnement disponibles sur le parking de l’entreprise ;
  • recenser les différents modes de transports permettant de venir à l’entreprise, dont les transports alternatifs comme le vélo, les transports en commun ou encore le covoiturage ;
  • prendre en compte la localisation des lieux d’habitation des salariés et estimer ensuite leur temps de trajets en fonction des différents modes de transports utilisés (voiture personnelle, transports en commun, etc.) ;
  • identifier les points noirs (heures de pointe, zones d’embouteillages ou accidents fréquents, anticiper l’arrêt des transports en commun) ;
  • écouter les besoins et attentes des salariés.

Etape 2 : élaboration du plan d’action

Lorsque l’état des lieux de l’existant et des besoins a été établi, il est temps de se pencher sur les différentes solutions qui peuvent être mises en place pour le Plan de Mobilité des Entreprises. Cela peut être apparaître sous forme d’un rôle informatif en facilitant l’accès à l’information sur les divers transports qui peuvent faire le trajet domicile – travail, où ils se prennent et à quels horaires.

Le Plan de Mobilité des Entreprises a également pour but de proposer des solutions actives. Il est possible de mettre en place un système interne de covoiturage et des navettes favorisant la mise en relation entre salariés. et de créer des stationnements pour tous les moyens de locomotions comme un garages à vélos couvert.

L’entreprise peut se rapprocher des mairies ou des sociétés de transports pour proposer un partenariat et des tarifs attractifs. Par exemple, Coovia qui facilite le covoiturage régulier grâce à son application propose des partenariats avec des entreprises. Ces partenariats peuvent également permettre d’améliorer la desserte de l’entreprise ou des zones d’habitations très excentrées. A noter que l’ADEME peut proposer une aide financière et technique pour la mise en place du Plan de Déplacement des Entreprises.

Il est important de communiquer de manière régulière aux salariés sur l’avancée du projet et d’indiquer les avantages qu’ils en retireront.

Etape 3 : mise en place du plan de mobilité des entreprises

Après avoir pris toutes les informations nécessaires auprès de partenaires et avoir une idée précise des modalités du plan de mobilité, l’entreprise entreprend sa mise en place. Un calendrier défini permet aux salariés de suivre l’évolution de sa mise en oeuvre et les inclut ainsi dans ce projet, favorisant l’esprit d’équipe et la culture d’entreprise.

Vers la fin des véhicules de fonction ?

Les véhicules de fonction vont entrer en contradiction avec les plans de mobilités prévus pour l’année prochaine. Faut-il les garder ?

Au 1er janvier 2018, les entreprises devront mettre en place des Plans de Mobilités pour les sites de plus de 100 salariés. Le nouvel article L1214-8-2 du code des transports indique que « l’entreprise qui ne respecte pas cette obligation ne peut bénéficier du soutien technique et financier de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. »

Un plan de mobilité, aussi appelé plan de déplacement(s) d’entreprise, abrégé en PDE, ou PDIE quand c’est inter-entreprise, est un projet mis en place par un employeur pour inciter ses collaborateurs, ses clients et ses fournisseurs à réduire l’usage de la voiture individuelle. Le code des transports indique que « le programme d’actions peut notamment comporter des mesures relatives à la promotion des moyens et usages de transports alternatifs à la voiture individuelle, à l’utilisation des transports en commun, au covoiturage et à l’auto-partage, à la marche et à l’usage du vélo, à l’organisation du travail, au télétravail et à la flexibilité des horaires, à la logistique et aux livraisons de marchandises. »

Les véhicules de fonction sont des véhicules individuels. Il apparaît donc absurde que, d’un côté, l’entreprise finance l’autosolisme et, de l’autre, cherche à le diminuer.

Mais les véhicules de fonction sont aussi des avantages en nature individuels accordés à des salariés. Ils sont parties du contrat de travail et ne peuvent pas être dénoncés de manière unilatérale. Ils permettent aussi de réduire le nombre de véhicules en circulation puisqu’ils évitent aux salariés d’avoir un véhicule de service la semaine et un autre pour le week-end. Et puis, rien n’interdit de partager son véhicule !

Sur le plan symbolique, une façon de résoudre ce dilemme serait que les véhicules de service puissent être loués ou prêtés aux salariés, notamment pour rentrer chez eux ou le week-end. C’est parfois toléré par les employeurs mais la législation mériterait d’être bien plus claire.

Changer la mobilité en changeant la destination

« Un peuple qui doit supporter des transports sur de longues distances est saigné à blanc » dit une traduction de l’Art de la guerre de Sun Tsu. Il s’agit d’un contexte particulier, celui d’une campagne militaire, mais l’idée est valable pour tout type d’entreprise : l’acheminement de matériel, d’équipes, prend du temps et coûte de l’argent. C’est le cas aussi pour les salariés d’une entreprise qui doivent se déplacer pour prendre leur poste de travail.

Etat des lieux des transports pour se rendre au travail.

Les Français prennent 50 minutes par jour pour aller et revenir du travail selon une étude de la DARES. Pour les Franciliens, c’est même 68 minutes, alors que les distances sont moins importantes, les routes étant congestionnées. Ivan Illich écrivait dans La Convivialité que « les véhicules créent plus de distance qu’ils n’en suppriment » et cela se vérifie.

Encore 74% des Français se rendent au travail en voiture, alors même que, selon l’INSEE, les dépenses pour l’automobile représentent 80% des dépenses de transports des ménages. Si l’on se rappelle que le temps perdu dans les bouchons représente une perte sèche de 17 milliards d’euros par an, on comprend bien qu’il y a quelque chose d’absurde à dépenser autant d’énergie.

Plus de 75% de la population française travaille maintenant dans le secteur tertiaire, selon l’INSEE et, pour une part, l’activité est largement numérique. A quoi bon se rendre à plusieurs dizaines de kilomètres de son lieu de résidence pour se connecter à Internet ? Nos ordinateurs sont portables,le WiFi, la 4G, le haut débit présents dans plus en plus de territoires, les documents que nous utilisons sont de plus en plus dématérialisés et les réunions de plus en plus souvent à distance.

Le lieu de travail n’est pas l’entreprise.

La réponse aux bouchons et au réchauffement climatique ne peut pas être unique. Les horaires aménagés peuvent en partie réduire les congestions automobiles. Mais décentraliser les zones de travail permettrait aussi de mieux organiser les territoires.

L’article L1214-8-2 du Code des transports, qui entrera en application au 1er janvier 2018 et qui encadre les Plans de Mobilité sur les sites d’entreprise de plus de 100 salariés, donne la possibilité aux entreprises de modifier l’organisation du travail et de recourir au télétravail. Les tiers-lieux et espaces de coworking, de plus en plus utilisés, peuvent aider à cela. Ils évitent aux entreprises d’inspecter les domiciles des collaborateurs pour la mise en place du télétravail et aux salariés d’avoir des espaces dédiés chez eux.

Ce même article du code des transports prévoit de mieux recourir au vélo et à la marche. Il est probable que les temps de trajets entre le domicile et le lieu travail ne diminueront pas. Comme l’indiquait un rapport de l’INSEE il y a quelques années, « la vitesse augmente mécaniquement car l’allongement des parcours routiers hors des voies congestionnées permet d’aller plus vite, mais à durée de transport croissante« . L’inverse sera probablement aussi vrai : seules les distances finiront par diminuer. Alors, certes, en déplaçant les lieux de travail, en pouvant y accéder à pied ou à vélo, en 25 minutes aussi, on restera toujours éloigné de son domicile mais ce sera bien meilleur pour nos poumons et la planète… et cela permettra aux salariés d’avoir en plus une meilleure activité physique.

Horaires de travail aménagés = mobilité améliorée !

La France est le septième pays le plus touché par les embouteillages en Europe.

Paris se classe en tête des villes françaises les plus congestionnées et en quinzième position au niveau européen. (chiffres 2015 communiqués par l’Inrix, fournisseur leader mondial des services d’info-trafic).

Rien qu’à Toulouse, on compte 3,8 millions de déplacements réalisés par jour (chiffres Tisséo pour 2013), principalement en voiture, avec 103 000 véhicules entre deux échangeurs au quotidien sur le périphérique toulousain (chiffres 2014 de l’Agence d’urbanisme et d’aménagement Toulouse aire urbaine).

Les heures de pointes (voire d’hyper pointe) sont omniprésentes et en lien direct avec les trajets domicile travail. La plus critique à échelle nationale est globalement autour de 18h. (source Les Echos)

Bouchons = perte de temps

En moyenne, en 2015, les Toulousains ont perdu 34h dans les bouchons !

Et qui dit perte de temps dit perte d’argent !

Bouchons = perte d’argent

L’INRIX évalue à 17 milliards d’euros par an le coût des bouchons en France !

Au delà du coût financier, on assiste aussi à une diminution du bien-être au quotidien lié à l’augmentation du stress dans les bouchons.

Le temps incompressible dédié au transport au quotidien représente un frein majeur et non négligeable à l’optimisation globale des tâches journalières recherchée par chacun d’entre nous afin justement… de se libérer du temps.

Dans ce contexte, qu’en est-il de la réorganisation du temps de travail pour désengorger les réseaux de transports et gagner du temps ? Et si l’organisation du travail pour réduire le besoin de déplacements en période de pointe était un enjeu clé ?

Les horaires décalés

Les premières initiatives d’horaires décalés ont été lancées en France ces dernières années sur le secteur de l’enseignement avec les universités de Rennes puis de Montpellier, Poitiers, Grenoble… Riches de résultats satisfaisants, les entreprises ont suivi le mouvement.

En parallèle, la SNCF a réalisé un sondage en 2013 : 86 % des franciliens actifs ayant un emploi se déclarent prêts à adapter leurs horaires de travail pour éviter les heures de pointe. De plus, 83 % des personnes interrogées jugent que « demander aux entreprises de permettre à leurs salariés de choisir leurs horaires afin d’éviter les heures de pointe » est une solution « intéressante ». (source)

Une expérimentation grandeur nature intitulée « challenge décalé »  a vu le jour en décembre 2015 dans le quartier d’affaire de la Plaine Saint-Denis, zone regroupant de nombreux sièges sociaux tels que la SNCF (3 500 salariés), SFR (8.500) ou encore Orange (3.500) et permettant aux employés de plusieurs entreprises de décaler leur horaires pour arriver au travail avant 8h15 ou après 9h15 afin d’éviter l’hyper-pointe du matin.

De plus en plus d’initiatives d’aménagement des horaires de travail sont réalisées pour palier à la saturation des réseaux de transports.

Enfin l’ADEME consacre l’aménagement des horaires de travail comme une des mesure phare du Plan de Mobilité qui sera rendu obligatoire pour les entreprises de plus de 100 salariés d’ici le 1er janvier 2018.

Ressortent de ces premières expérimentations plusieurs facteurs clés de succès pour un décalage des horaires réussi :

  • Des décalages faibles.
    15 à 30 minutes semblent suffisantes pour avoir un impact visible sur la saturation des transports, sans désorganiser trop les activités personnelles et professionnelles
  • L’adhésion.
    La contribution des salariés dans la définition du projet est essentielle pour garantir une mise en place optimale. Sans oublier l’implication en amont des Ressources Humaines pour encadrer les changements.
  • Des initiatives géographiquement ciblées avec une masse critique suffisante.
    Pour des effets visibles, il est nécessaire de bien identifier les zones critiques et de concentrer ces efforts sur ces zones. Un équilibre est à trouver entre adhésion de petites et de grandes entreprises pour assurer le succès des expérimentations !
    D’autres pistes sont envisageables :

  • Le télétravail, essentiel
    Si près de 16% des salariés font déjà l’expérience du télétravail, cela reste un aménagement du temps de travail qui n’est pas encore généralisé dans les entreprises et qui souvent, se limite à quelques jours dans la semaine ou le mois.
  • Les “tiers-lieux”, encore peu développés
    Locaux partagés mis à disposition des employés, par exemple à mi-chemin entre leur domicile et leur lieu de travail, ces espaces pourraient permettre de diminuer le temps de transport et de réduire les pointes dans les lieux très saturés.

L’inaction nous coûte 17 milliards par an alors que, combinées entre elles de manière intelligente, et en collaboration avec l’intégralité des parties prenantes, ces mesures sont gages de résultats prometteurs pour une mobilité améliorée et optimisée. Qu’attendons nous ?

Nouvelles mobilités : un enjeu de taille pour accéder à l’emploi

Lorsqu’il s’agit de trouver un emploi dans une société où la voiture se fait aussi indispensable que notre café du matin, les nouvelles mobilités se font de plus en plus indispensables.

Des chiffres qui parlent d’eux même

Selon une étude menée par l’Elabe, 40% des Français estiment ne pas avoir un accès facile et rapide à leur réseau de transport local.

Lorsque l’on s’interroge plus en détail sur l’influence de la mobilité sur l’accès à l’emploi, le constat a de quoi nous interloquer : près d’un Français sur quatre (23% selon Elabe) dit avoir déjà refusé une proposition d’embauche car le transport représentait un obstacle. Difficile à admettre quand on voit le chômage atteindre les 5 475 millions de demandeurs d’emploi fin 2016 (Chiffres Pôle Emploi) !

De nombreux enjeux

Zones rurales mal desservies, temps de trajet trop long : les freins à l’accès à l’emploi sont nombreux dans une réalité où la voiture personnelle reste le moyen de locomotion le plus répandu (6 français sur 10 selon une étude Randstad).

  • Quelles réponses apporter aux 700 000 jeunes demandeurs d’emploi (18-24 ans) qui bien souvent, ne possèdent ni permis ni voiture ?
  • Quel soutien apporter à des personnes vivant ou travaillant en zone rurale où les transports publics sont souvent peu nombreux et lents ?

Comme à travers la plateforme de mobilité Haute-Garonne, institutions publiques et privées oeuvrent pour que la mobilité de demain soit souple, pratique, économique et verte et permette de prévenir l’exclusion sociale et économique des demandeurs d’emploi.

Des synergies nécessaires

Du côté des transports publics, acteurs historiques, on se modernise : tramway, métro, Vélo Libre Service ou même téléphérique, le ton est donné !

Les synergies entre les infrastructures traditionnelles et les nouveaux services de transports permettront de porter assistance à des demandeurs d’emploi qui, face à l’urgence de travailler, sont parfois contraints de trouver des solutions peu fiables et sécuritaires à l’instar de cette salariée qui doit faire du stop tous les jours.

Une logique globale, avec un transport multimodal, est assurée de trouver son heure de gloire et, même si le succès de ces projets repose bien souvent sur un changement de moeurs, la situation de l’emploi légitime grandement leur essor.